MANIFESTATIONS PASSÉES

RENCONTRE AVEC DES ÉTUDIANTS DE L'UNIVERSITÉ GEORGE WASHINGTON, À WASHINGTON DC À COLLEVILLE SUR MER LE 15 MARS 2017

Chaque étudiant avait préparé un texte qui a été lu devant la tombe d'un soldat ou devant le nom au Mur des Disparus.

 
 

 

Ce mur commémore les disparus. 1557 noms sont inscrits ici. Parmi ces noms se trouvent Aaron Woodrow Essex. Il a quitté ce monde lorsque le SS Leopoldville a été coulé pendant la traversée entre l'Angleterre et la France le 24 décembre 1944. Aujourd'hui je me tiens devant vous pour vous donné un aperçu de qui était cet homme. Pas sa mort, mais la vie qu'il a vécu, son engagement et ceux qu'il a laissé derrière lui. 

Pour faire simple, c'était un homme normal, mais il y a tellement d'autres choses à dire sur lui. Il s'appelait Aaron Woodrow Essex d'après son grand père, mais ceux qui le connaissait l'appelait Woody.

Il était shérif, employé de fonderie, sergent, un fils, un mari et un père. Woody était un gars d'une petite ville, il est né et a grandi à Hope dans l'Indiana, entouré de sa famille. Lorsqu'il a eu son baccalauréat, le docteur de la ville a parlé du futur de Woody et des autres diplômés. Le docteur a poussé les diplômés à être plus que de simples membres de la société. Il voulait que les jeunes hommes et femmes vivent des idéaux et valeurs – qu'ils vivent une vie qui vaut la peine d'être vécue. Il dit et je cite :

« Par conséquent, la demeure de quelqu'un n'est pas déterminée géographiquement. Elle est determinée par les ideaux et valeurs de la vie que l'on recherche. Dites-moi de quel genre de personnes vous recherchez le plus la compagnie et du lien. Dites-moi quels livres vous lisez. Dites-moi quels sont vos loisirs. Dites-moi à quel genre de spectacles vous assistez. Dites-moi quel genre de musique vous écoutez. Dites-moi de quelle manière vous dépenseriez un million de dollars si vous les aviez. Dites-moi comment vous utiliserez votre vie. Quand vous répondez à ces questions, vous révélez votre vraie demeure. »

Je ne peux pas vous dire quels livres Woody a lu ou quelle musique il aimait ; cependant je peux dire que basé simplement sur la vie de Woody et le souvenir qu'il a laissé derrière lui, la réponse aux questions du docteur était claire.

Woody a trouvé sa vraie demeure dans les ideaux, valeurs, l'amour, la foi, le devoir. Quand Woody ne travaillait pas, il passait son temps libre avec ses amis et sa famille. Que ce soit la réunion de famille annuelle, le dîner de sa mère à base d'huîtres ou leurs dîners ordinaires, l'importance des ses êtres chers était claire dans la vie de Woody. Quand sa mère recevait des invités, Woody jouait du piano. Il accompagnait ses parents et sa petite sœur à l'église chaque semaine, assistant aux études de la Bible après l'office. Ils allaient en voyage en famille à Indianapolis ou Cincinnati ; ont assisté à l'exposition universelle de Chicago. Il a épousé sa femme Virginia et ont eu un petit garçon. La petite famille a vécu et a aimé entourée de leur communauté très unie.

Au travers de l'empreinte laissé par les souvenirs de Woody sur sa famille, nous voyons à quel point l'amour inondait la famille et la ville.

 

 

Et, il a vécu sa vie au service de son pays. Quasiment dès que les mots sont sortis de la bouche du médecin à la remise des diplômes, Woody a entrepris de servir son pays.

Il est entré aux camps d'entraînement militaire pour les citoyens dans les années 30, acquérant les connaissances militaires nécessaires pour le préparer à une autre guerre. Cette guerre est arrivé sous la forme de la Seconde Guerre Mondiale. Il est engagé dans la 66e division d'infanterie. Son temps de service a été bref, mais son intention honorable.

La tragédie qui est arrivée à Woody et ses camarades le 24 décembre 1944 a été la pire catastrophe qui soit arrivée à une division d'infanterie américaine conséquemment à une attaque de sous-marins ennemis. Ils ne pourront jamais savoir quelle tragédie s'est déroulée sur le chemin de la France. 

Woody n'a jamais eu la chance de répondre aux questions du médecin. Alors, je demande à nouveau, dites-moi comment vous utilisez votre vie. Alors que vous regardez ces 17 lettres inscrites devant vous, qui forment le nom Aaron Woodrow Essex, j'espère que vous voyez Woody. Je voudrais que vous voyiez sa communauté très unie, sa famille, sa femme et son fils...

Voyez l'homme, pas les mots. Il a vécu et a aimé ; l'homme devant vous a utilisé sa vie pour sa famille, pour sa communauté, pour son pays. Woody a quitté ce monde plus tôt qu'il n'aurait du, mais il a vécu une vie qui a mérité d'être vécue. Il a vécu pour ceux qu'il aimait.

 
 

RENCONTRE AVEC DES ÉLÈVES-OFFICIERS DE L'ACADÉMIE MILITAIRE DE WEST POINT LE 13 MARS 2017

A l'initiative de Mme Glennie Sims quatre membres de l'association ont partagé leurs expériences durant les quatre ans d'Occupation ainsi que sur la Libération avec ces élèves-officiers.

 

 
 
 

CÉRÉMONIE DU 28 OCTOBRE AU CIMETIÈRE DE ST JAMES

CÉRÉMONIE DU 11 SEPTEMBRE À ST JEAN DE DAYE EN HOMMAGE À FRANK TOWERS

 

ORAISON FUNEBRE

 

Frank vivait à Gainesville en Floride où il s'est éteint le 4 juillet dernier.

 

Il laisse dans la peine Mary après 73 ans de vie commune . De leur union, naîtront 4 enfants, Frank, Jane, Anne et Kathy ; quatre petits-enfants puis cinq arrière-petits enfants viendront tour à tour embellir leur vie.

 

Frank naquit à Boston dans le Massachussets le 13 juin 1917 où il vécut ses dix premières années. Ensuite, ce fut dans le Vermont à Saint-Johnsbury d'où il sortit diplômé de l'Académie de cette ville (entendons par là école secondaire) .Il devint alors conciliateur dans la Comercial Credit Corp .

 

Plus tard, il s'enrôla dans le Vermont National Guard(la Garde Nationale du Vermont) .Il suivit une formation militaire au CAMP BLANDING en Floride près de Starke. C'est là qu'il rencontra Mary Olive Thomas qu'il épousera le premier mars 1943 à Macon en GA.

 

Alors promu au grade d'officier dans l'armée américaine, il fut affecté dans la 30è division d'infanterie tout juste désignée pour intervenir dans les combats de la seconde guerre mondiale. Dès alors, il devint officier de liaison et le demeura pendant toute la durée des combats ce qui explique qu'il ait si bien connu les petites routes du bocage normand qu'il arpenta souvent en jeep.

 

Si nous avons choisi, ce matin de nous retrouver ici pour lui rendre hommage, c'est d'abord que ce fut le premier village à la libération duquel il contribua. Il participa à l'opération COBRA  qui ouvrit les portes de la Bretagne, suite à la libération de Saint-Lô, puis la terrible bataille de Mortain. Suivant la « route de la Liberté », les combats le menèrent à Domfront, Evreux, puis les Ardennes, la Belgique la Hollande (il participa à la libération de Maastricht et enfin de l'Allemagne jusqu'à la proclamation de l'Armistice..

 

Durant cette période, ses qualités de courage et d'honneur lui valurent la remise de la Purple Heart pour blessures de la Bronze Star avec feuille de chêne pour héroïsme au combat .

 

Il quitta l'Armée avec le grade de Major .

 

Plus tard, d'autres récompenses et distinctions lui furent décernées :


la Croix de Guerre française
la Fourragère belge
la Médaille de la Reine de Hollande ( le faisant membre de la famille Orange-Nassau
la Croix du Souvenir de Hollande
la Légion d'Honneur française, reçue à Mortain en 2009

 

Après la guerre,Frank revint en Europe avec son épouse,dans le cadre de l'occupation américaine en Allemagne, c'est d'aill.eurs là que naquirent trois de ses enfants. A son retour aux U.S, il s'installa en Floride, à Brooker, près de la ferme des parents de Mary où naquit le quatrième enfant : Kathy. IL y demeurera jusqu'au soir de sa vie le 4 juillet dernier.



Il géra d'abord une petite épicerie pendant 12 ans puis il occupa divers postes comme administrateur adjoint à l'école du Comté d'Alachua et plus tard à l'Université de Floride où il prendra sa retraite en 1979 .



Mais à la retraite , Frank ne resta pas inactif, il décida de dédier sa vie au leitmotiv LEST WE FORGET (in Memoriam ) et s'engagea passionnément à partager la Mémoire de la 30è division ne voulant absolument pas que ceux qui ont tout donné (gave their all) soient oubliés.


Il devint président national de l'association des Vétérans de la 30è division de la WWII puis l'historien émérite de cette dernière. Il fut le créateur et l'administrateur du musée du Camp Blanding .
Mais je voudrais revenir sur ce qui, ce matin, nous réunit et vous en rappeler quelques éléments.

 

En 1983, il revient en France avec deux autres vétérans préparer un voyage à l'intention des vétérans de la 30è division dans le cadre du 40è anniversaire de la Libération. IL se rend ici-même à Saint-Jean de Daye, première commune libérée par ce corps d'armée.Il souhaite rencontrer le maire et là, ce dernier, Jean-Pierre Lepaysant, fait appel à Marie-Thérèse Lavieille, alors professeur d'anglais au collège, pour les besoins de la traduction.


Le soir- même, invités chez les Lavieille, les visiteurs d'outre- Atlantique font l'expérience de l'accueil et de la convivialité normands autour de la table, il est plus aisé de débattre d'un projet de voyage (celui du 40è anniversaire du débarquement). Une amitié naît et le temps ne fera que la consolider.

 

Autour d'un verre, quelquefois se tissent les plus belles réalités puisqu'un an plus tard, en septembre 1984 ,sept bus, 300 américains sont accueillis à Saint-Jean de Daye. Des liens forts se tissent entre les familles dayotes et celles des vétérans et à deux reprises ,en 1989 et en 1994, des vétérans reviennent avec Frank. Depuis, l'expérience ne s'est pas renouvelée et l'on comprend aisément que l'âge avancé de nos amis libérateurs rendait difficile la pérennité d'un tel échange.

 

Mais Frank, bon pied, bon œil, continua de venir au moins tous les deux ans se recueillir sur les tombes de ses compagnons de combat. IL séjourna, cela va de soi chez Claude et Marie-Thérèse. Les liens se resserrèrent encore.


En septembre 2000, pardonne-moi Marie-Thérèse de cette indiscrétion publique,Les Lavieille partent en Floride et au moment de se quitter, Frank leur dit :

 

« Je suis vieux maintenant et bientôt, je ne pourrai plus rendre visite à mes compagnons reposant en Normandie. En Hollande, les tombes des soldats américains sont fleuries par des particuliers. Claude, tu ne pourrais pas faire quelque chose en Normandie. »

 

L'idée émeut,et comme toute graine semée dans la bonne terre, elle va germer et donner naissance à une association . Claude en parle autour de lui, reçoit un assentiment chaleureux voire enthousiaste.

 

En décembre 2000, Claude organise une réunion avec des volontaires, des gens motivés et ,ce matin, il en est de ceux-là parmi nous qui sans doute, ont participé à la création de cette association : «Les Fleurs de la Mémoire » dont le siège social sera au Conseil Général à Saint-Lô et le siège administratif à Saint-Jean de Daye. Vous dûtes faire vite, créer les statuts, réaliser une AG, composer le Conseil d'administration. L'association paraîtra au JO le 27 janvier 2001.


Un challenge: 500 tombes parrainées en 2001, il y en aura près de 2000.



Nous le savons tous, Claude, le fondateur, nous quittera en octobre 2005.



Frank continuera de venir régulièrement se recueillir en Normandie. Un rituel:un geste symbolique que de prendre dans sa main une poignée de sable sur la plage de Vierville là où tant de ces camarades sont morts. Que d'images, que d'odeurs, que de souffrances devaient ressurgir dans sa mémoire !

 

Lors de ses visites, il ne se contentait pas de se rendre sur les lieux de souvenirs, il voulait que ces croix, ces étoiles de David des deux cimetières américains de Normandie soient comme a pu le dire Albert Schweitzer, de véritables prédicateurs de Paix.


Il a, avec l'association, pu se rendre, à maintes reprises, dans des écoles, des collèges, rencontrer des jeunes. IL les amenait, selon leur âge, à réfléchir sur le sens et la fragilité des mots PAIX et LIBERTE .Semer pour que germe dans les esprits de notre jeunesse le désir d'oeuvrer pour que demain, nous n'ayons pas à revivre cela. Ainsi, devant des centaines d'enfants avec simplicité, humilité et conviction ,il a témoigné de la nécessité de veiller pour que perdure la vigilance nécessaire à cette Paix et à cette Liberté dont nous jouissons ici en Europe grâce à des hommes comme lui.

 

Des mots comme ceux de Sir Winston Churchill :

 

« Un peuple qui oublie son passé est condamné à le revivre »

 

ou encore ceux de Paul VI : 

 

«Que le sommeil de la mort de tant de victimes puisse être un avertissement pour les générations futures afin qu'elles se souviennent que de telles horreurs ne doivent plus se renouveler. »



Oui, de tels mots ont été son leitmotiv, enrichissant au gré des questions, la réflexion de ceux qui, aux USA, en France, en Belgique, en Hollande, ont eu la chance de l'entendre .

 

Dans l'esprit de ces hommes et de bien d'autres, Frank, en véritable ambassadeur de paix, a semé ,j'en suis sûr, dans les jeunes têtes, pour qu'aujourd'hui, plus qu'hier et moins que demain, jaillissent et retentissent des élans de Paix. Pour l'avoir parfois accompagné, il est une phrase de Pierre Flourens, un de nos académiciens du XIXè siècle, qui me vient à l'esprit et qui résume assez bien sinon parfaitement le message qu'il voulait délivrer :

 

«  Il faut que l'homme sache,ce qu'il faut lui dire, c'est qu'il a une force libre ; c'est que cette force ne doit pas fléchir; et que l'être en qui elle fléchit, sous quelque philosophie qu'il s' abrite, est un être qui se dégrade. »

 

N'est-il pas toujours nécessaire, aujourd'hui,, de poursuivre l'oeuvre entreprise par Frank ? Lui qui, en infatigable ambassadeur de Paix et de Fraternité entre les peuples concluait ainsi chacune de ces visites

 

« Plus jamais ça ! »
« Lest we forget »


Ce matin,tous, nous repartirons forts de ton message et du devoir qui est le nôtre.

Madame le Maire va allumer la torche d'où va jaillir une flamme, celle de Frank et de tous ses compagnons venus des USA un matin de juin 1944 apporter la lumière de l'espérance d'une paix à retrouver.

Aujourd'hui, dans ce monde où la Paix demeure bien fragile, Frank nous a demandé de veiller ,de transmettre le don de leurs vies, leurs mémoires.

« Un peuple qui oublie son passé est condamné à le revivre », disait Sir Winston Churchill

Alors, pour ne pas oublier, souvenons-nous et soyons messagers et acteurs de Paix.

Après les hymnes, quelques enfants, vont s'approcher, déposer leur bouquet et allumer leur bougie, ils iront vous apporter ce feu , symbole de la transmission de la Mémoire et de notre volonté d'être , comme Frank, des bâtisseurs de Paix .

 
 
 

 Texte lu par deux jeunes qui ont connu Frank au collège de Saint- Jean de Daye, Donavan et Angèle.

Ils lisent un texte du recueil édité en 2014 écrit par des élèves espagnols d’une classe de baccalauréat.

 

Le 12 septembre, Marie-T Lavieille a adressé un message à Mary Towers, lui racontant en détail la cérémonie du 11 septembre à St Jean-de-Daye (avec photos), à la mémoire de son époux, Frank Towers.

 

Mary a répondu immédiatement. Voici un extrait de cet e-mail :

 

MERCI, merci !

Sachant que vous aviez organisé une cérémonie à la mémoire de Frank hier, vous aussi étiez dans mes pensées et mes prières.

C'est extaordinaire - tant de monde, de si belles fleurs et une si belle commémoration, je vous remercie de tout mon cœur.

Vous savez combien Frank aimait vous voir, vous, votre famille et les gens de Normandie.

Remerciez-les pour moi. C'était tellement beau !

 
 
 
 

28 MAI 2016 AVEC LES ENFANTS DES ÉCOLES DE CARENTAN AU CIMETIÈRE AMÉRICAIN DE COLLEVILLE-SUR-MER
 
 
 
 
 
 
 
 

FLEURISSEMENT PAR UN GROUPE D'UNE SECTION INTERNATIONALE D'UN LYCÉE DE L'ISÈRE LE 6 OCTOBRE 2015
 
 

FLEURISSEMENT PAR UN GROUPE DE LIVRY GARGAN LE 6 JUIN 2015